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« Jamais un gouvernement n’a autant fait pour l’enseignement supérieur et la recherche en quelques années : bravo. […] Le grand emprunt veut accélérer la croissance par des investissements à fort effet de levier : bravo. » Ainsi s’exprime dans Le Monde du 16 février, Pierre Tapie, le directeur général de l’Essec et Président de la Conférence des grandes écoles.
3,5 milliards d’euro seront ainsi consacrés « pour accélérer la professionnalisation du dispositif de valorisation de la recherche publique ». S’il y a lieu de se satisfaire de cette situation, il n’en demeure pas moins, reprenant les propos de l’auteur, que le schéma » technology push » qui marque la philosophie du grand emprunt, n’est pas sans risque, car elle est loin du « market pull », dont le retour sur investissement est plus « visible » et plus rapide. En d’autres termes, nous parlons habituellement, de démarche « top down » et de démarche « bottom up ».
Ces mots recouvrent une même réalité, un même challenge. Comment optimiser le passage de la recherche vers le marché ? Quelle part doit prendre l’Etat dans cette dynamique à créer ? Quel rôle les acteurs doivent-ils jouer, lesquels et comment les y encourager ? Eternelles questions en France où les habitudes commandent largement la mise en œuvre de dispositifs d’accompagnement public de mode « top down » et centralisé.
Le grand emprunt participe de cette culture en fléchant ses lignes de crédits sur des dispositifs sélectifs, centralisés et lourds (1 milliard pour 5 ou 6 sociétés de valorisation territoriales, 500 millions pour les Instituts Carnot, 2 milliards pour des futurs campus technologiques de dimension mondiale…) Nous avons déjà donné avec les pôles de compétitivité, nous en mesurons les résultats qui sont, pour le moins, à confirmer.
« Combien de lieux dont les opportunités seront perdues, alors que, par définition, la vraie innovation naît de manière assez aléatoire ? Pour l’innovation, « quick is beautiful », poursuit Pierre Tapie.[…] «Certes l’innovation prend souvent naissance dans des clusters localisés […], mais, quand l’immatériel constitue une large part de l’innovation, la concentration géographique ne doit pas constituer une contrainte obligatoire. » […]Des réseaux puissants sur une thématique précise, dans la complémentarité d’une chaîne de valeur ajoutée, ne créeront-ils pas autant d’innovations et d’emplois, » […]
Il ne peut y avoir meilleure définition de notre démarche, celle du Cluster WEST. Ce sont les fondements que nous avons retenus, car ils sont ceux d’une économie de la connaissance mondialisée. « Made in WEST ® » est la marque de ce « réseau puissant sur la thématique précise » que nous avons retenue, celle du « bien manger durable® ».
De même nous avons choisi une gouvernance souple et légère qui « donne envie de travailler ensemble », car nous sollicitons la créativité de chacun d’entre nous pour partager des projets communs et lisibles économiquement. « WEST Communities® » participe de cet état d’esprit. Il est aussi le moyen numérique associé pour garantir la fluidité des échanges entre nous et la sociabilité de l’ensemble de notre démarche.
Le grand emprunt est une belle idée, mais trop centralisée, trop « technology push». Espérons que le soutien à la dynamique des grappes d’entreprises, nous permettra d’instiller dans les lignes budgétaires de celui-ci, quelques éléments de « market pull ». Nous sommes candidats volontaires !
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